DRAGSTER :
FINALES NHRA 2006
Notre voyage en novembre 2006 à été l'occasion de vivre à fond notre passion de l'automobile américaine, et l'occasion de ramener quelques centaines de photos. Vous avez découvert en décembre 2006 un essai longue durée de la Toute Dernière ford Mustang, place maintenant à quelques visites touristiques que nous allons vous faire partager au cours de l'année, au gré des mises à jour du site.

Et pour commencer, un événement de taille ! Nous nous sommes rendus le 3e Week End de novembre à Pomona, petite banlieue à une quarantaine de kilomètres à l'Est de Los Angeles. Outre sa végétation et son calme, ce coin retiré à deux pas du désert, est surtout célèbre pour abriter la première piste de Dragster des USA. Et oui, c'est de ce modeste coin de Californie que tout à commencé. C'est ici que d'après la légende, le Drag est né à la fin des années 40, au son rauque et profond des V8 Flathead résonnant sur les collines environnantes...

Puis en 1961, le Dragstrip dans sa forme quasi définitive, a accueilli pour la première fois les courses officielles de la NHRA, et ce jusqu'a nos jours, puisque cet endroit mythique voit chaque année depuis 1984, se dérouler la prestigieuse épreuve finale de la plus huppée des séries NHRA : les NHRA Winternationals. Ambiance !
Oubliez toutes vos références. Pomona, c'est LE Dragstrip le plus célèbre des USA, et à juste titre. Construit au centre d'un immense complexe servant à de nombreuses manifestations, principalement automobiles, mais aussi complètement variées, des Rodeo aux Swap Meet en tous genres; la piste s'étend entre de majestueuses tribunes, elles même perdues au milieu de gigantesques parkings, et d'un immense paddock. L'arrivée sur place est un choc pour nous petits européens, perdus au milieu de centaines de camions rutilants aux couleurs des plus grands Teams, de remorques et autres Pick Ups, tentes, et surtout, entourés de centaines de monstres de l'Asphalte que sont les Drag US...

Car ici, vous êtes loin de l'ambiance "merdique" (Et encore je pèse mes mots...) de la majorité des grandes courses européennes. Je veux bien sur parler de la formule 1, et des autres disciplines qui y sont rattachées. Aux USA, le premier choc de taille vous saute à la figure dès votre billet payé (à peine 50 dollars le jour de la finale, pour enfoncer le clou, comparé aux tarifs de fous des grands prix). Votre modeste petit ticket, donc, vous donne un accès totalement libre aux paddocks, stands et autres abords de piste !?!


Vous avez le loisir de vous approcher des plus grands pilotes, d'obtenir leurs autographes, de baver à 2 mètres des mécaniciens en train de préparer les voitures et motos des champions, puis de vous promener au milieu des dizaines de stands, afin de "cramer" vos derniers dollars dans les milliers de produits officiels, plus alléchants les uns que les autres... un vrai Paradis pour tout "maniaco-contaminé" du V8.

Au bout de quelques heures à trainer au gré des allées, à admirer les engins les plus fous, à entendre au loin le bruit gargantuesque des démarrages de v8 compressés de plus de 10 Litres de cylindrée, et à renifler les odeurs de Méthanol et d'essence, ce n'est plus du sang qui coule dans vos veines, mais du pur Nitrométhane, avec peut être encore un poil de Sans Plomb, mais c'est même pas sur...


Il est enfin temps de s'approcher de la piste. hormis la batiment situé en arrière de la ligne de départ, et réservé aux officiels et invités, vous avez libre choix de vous installer ou bon vous semble. Au bord de la piste, pour profiter à plein nez des effluves de methanol et de Nitrométhane, ou plus haut, pour mieux apprécier le spectacle tout au long des runs.

Ou que vous soyez , le spectacle est hallucinant. Les Carrosserie rutilantes se succèdent à un rythme effréné, et le niveau des véhicules est bien entendu, exceptionnel. Mais au fil de la journée, ce qui vous marque le plus (et oui, encore un choc), c'est le bruit phénoménal des moteurs !!


Ces mécaniques hyper affutées, aux cylindrées délirantes, dont certaines sont gavées par des compresseurs, débordent de plusieurs milliers de chevaux, et font un bruit à vous exploser les 2 tympans. Lorsque les plus hautes catégories se présentes, Funny Cars et Top Fuel, la sonorité bestiale des échappements en devient même insupportable pour les oreilles. Boules Quiès obligatoires !
Ces moteurs de furie font trembler le sol et les tribunes, et la pression accoustique arrive même à vous comprimer la poitrine ! Un souvenir ahurissant, qu'aucune retransmission télé ne pourra jamais retranscrire. Même si vous avez déjà assisté à des courses de Drag en Europe, comme c'était notre cas, oubliez toutes vos références... C'est un autre monde...

Passé toutes ces grandes claques dans la figure, pour nous qui découvrions la discipline US en "Live" pour la première fois, on se fond vite dans l'ambiance. On se prend au jeu, vautré sur les tribunes, à mordre avec décontraction dans un hot Dog, tout en aspirant les dernières gouttes de Coca sous le soleil Californien, alors que les bolides se succèdent sur la piste...
A chaque run c'est la même fête, pneus qui fument, moteurs qui hurlent, et spectateurs qui se lèvent pour appercevoir jusqu'aux derniers mètres de la ligne droite, et découvrir le temps affiché sur des panneaux lumineux géants en bout de piste. De temps à autres, quelques "Hourras" viennent ponctuer un record, ou un run très serré.

Puis la nuit arrive, et la piste est alors donnée aux catégories les plus modestes, occasion immanquable de voir des autos presque "Stock" s'affronter, et d'admirer les vielles gloires de la discipline : Camaro, Mustang, Chevelle, Firebird, buick GNx, et autres Corvette plus ou moins gonflées, de toutes générations, qui viennent s'affronter pour le plaisir des yeux... et des oreilles. Les sonorités démoniaques des V8 à pleine puissance, c'est un des grands souvenirs à jamais gravé en vous après un tel événement...

La journée s'achève alors avec un mélange de plaisir béat d'admiration, et de déception que tout soit déjà finit.
John Force vient de remporter son 14e titre en catégorie Funny Car, au cours d'un run d'anthologie ultra serré, renforçant sa position de légende vivante du Drag.
Nous reprenons la Freeway 10 en direction de Los Angeles à jamais contaminés par le Dragster made in USA. On the Road Again...

Textes et Photos François Bertrand - Tous droits réservés
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