Story: Dodge Charger 1966-70

 

 

Il fut un temps ou rouler vite, avoir une voiture puissante, une voiture racée et agressive, était plutôt un signe de bon goût ! Aujourd'hui on nous rebat les oreilles avec des histoires de sécurité routière, de respect de la vitesse, de sentiment de culpabilité si l'on possède une auto dite "sportive". Alors pour tous ceux qui comme moi vibrent au son d'un V8 libéré, craquent sur des lignes racées, et salivent devant un départ en trombes pneus arrières fumants, suivez moi dans ce bref retour sur l'une des plus mythiques Muscle Cars qui exista : la Dodge Charger 1968 / 1970...

Petit retour en arrière. La Charger est née en 1966, à cette époque flamboyante ou les américains rêvaient de plus en plus d'évasion et de liberté. Ford régnait alors en maître sur le marché des sports cars, appellé aussi "Pony Cars" en hommage à la première du nom, la Mustang. La Dodge Charger se présentait donc en concurrente directe. Mais cette première version 66/67, dérivée de la standard Coronet, ne fut pas un succès immédiat. Look timide, bien qu'élégant, intérieurs et châssis plutôt communs, empêchèrent la Charger de se démarquer. Mais les connaisseurs se rendirent vite compte du potentiel des mécaniques : V8 318, 383, 440 ou 426 Hemi, le ramage dépassait de loin le plumage ! Les puissances partaient de 230 chevaux avec le petit 318 pour culminer à 425 chevaux sur le Hemi !!

Conscients dès 1966 que la voiture n'offrait pas le look sauvage que la fin des sixties réclamait, Dodge travaillait assiduement sur l'évolution de sa version sportive. Et c'est en 1968 qu'apparut la plus impressionante des Muscle Car de toute une époque. La Dodge Charger modèle 1968/69/70. Immense, trappue, sortant terriblement de l'ordinaire avec son design semi fastback, Dodge avait signé un soup de crayon de génie. La voiture avait une personnalité intense, pour ne pas dire démoniaque. Jusque dans les derniers détails, l'esthétique de la voiture ne laissait rien au hasard : ailes galbées et tendues, capot gigantesque, passages de roues nerveux, face avant et arrières "méchantes"...

Se trouver face, ou à côté d'une Charger 68/70 inspirait respect et crainte. Et il valait mieux, car non contente d'être impressionnante, cette Muscle Car savait faire parler la poudre. Dotée de moteurs aussi réussis que puissants, cette auto se déclinait aussi en finition R/T (pour "Road & Track", autrement dit Route et Piste) dont les suspensions renforcées, les pneus sports, les freins à disques et les autres équipements en faisaient une redoutable mangeuse de Mustang et autre Camaro... autant dans la rue que sur les circuits ! Les V8 au grondement sourd se déclinaient maintenant en 318 c.i. / 230 ch, 383 c.i. / 335 ch, 440 c.i. / 375 ch ou 426 c.i. Hemi / 425 ch.

En 1969 la voiture ne recevait qu'un léger restyling, avec une calandre modifiée et désormais séparée au centre par une barre verticale, et un panneau arrière au look plus moderne, avec de longs feux courants d'un côté à l'autre de la caisse. 1969 est aussi l'année la plus célèbre de la Charger, puisque celle ci servit de "voiture de fonction" aux Cousins Duke de la série TV "The Dukes of Hazzard", en Français Shériff Fais moi Peur. La fameuse General Lee Orange avec sont drapeau confédéré sur le toit et ses numéros 01 sur les portes restera celle qui à vraiment rendu célèbre cette Muscle Car.

1970 ne verra qu'un restyling de la face avant et des feux arrières. Les mécaniques étaient toujours aussi furieuses, les performances toujours aussi impressionantes, et pas seulement pour l'époque ! Jugez plutôt : en 1970, une Dodge Charger équipée du furieux 426 Hemi abattait le 0 à 100 km/h en 5.5 sec. et le 400 m/d.a. en un ahurissant 13.9 sec. ... Une Corvette dernière génération ne fait pas mieux en 2004... Respect !

La plus ultime des versions de la Charger de cette époque verra le jour sous la forme d'une voiture de course à peine homologuée. Arborant fièrement le nom du plus mythique circuit de NASCAR, la Charger Daytona fut une vraie folie de la part de Dodge. Pour homologuer des modifications aérodynamiques révolutionnaires en course NASCAR, les versions compétition devaient être identiques aux modèles de route. Du coup Dodge proposa un modèle qui n'avait rien à faire sur la route, mais restera dans les mémoires comme terrifiante...

 

La plus ultime des versions de la Charger de cette époque verra le jour sous la forme d'une voiture de course à peine homologuée. Arborant fièrement le nom du plus mythique circuit de NASCAR, la Charger Daytona fut une vraie folie de la part de Dodge. Pour homologuer des modifications aérodynamiques révolutionnaires en course NASCAR, les versions compétition devaient être identiques aux modèles de route. Du coup Dodge proposa un modèle qui n'avait rien à faire sur la route, mais restera dans les mémoires comme terrifiante...

Le nez profilé et le gigantesque aileron, bien que peu esthétiques, apportaient une vraie différence sur les circuits ultra rapides comme Talladega, ou cette version fit ses débuts en 1969. Alors que les Ford Galaxie 500, reines de la catégorie à cette époque, plafonnaient vers 250 km/h, la nouvelle mouture de la Charger laissa tout le monde perplexe en atteignant plus de 270 km/h en course. Les autres teams hurlèrent à la triche, mais rien n'y faisait. Ce modèle était bien homologué puisque une version publique était vendue dans les concessions. Jusqu' à fin 1970 cette Daytona fit des ravages dans le championnat NASCAR, puis, sous la pression des officiels de la discipline, qui voulaient redonner une chance de voir des courses équilibrées, Dodge dut abandonner ce monstre.

Cette fin était de toute manière irrémédiable, car des boulversements arrivaient à grand pas en ce début des 70's. Nouvelles normes anti pollution, apparition de l'essence sans plomb, puis choc pétrolier de 1974 rendant l'essence très chère, sonnèrent le glas des mécaniques ultra performantes... et ultra gourmandes ! Comme ses concurrentes, la Dodge Charger se transforma peu à peu en un gros coupé placide et confortable, pour, au fil des restyling et nouveaux modèles, ne plus être qu'un nom mythique sur une carrosserie aux formes banales. Il reste aujourd'hui le formidable souvenir de l'une des plus "méchantes" voitures de cette grande époque des Muscle Cars. Rendue célèbre par le cinéma avec Bullit, ou par la télévision avec "The Dukes of Hazzard", elle est devenue rare et recherchée, et à enfin atteint le statut de véritable objet de collection et de passion !

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