Story : Mustang IV GT













A l'heure ou toutes les voitures modernes ont atteint une certaine équivalence en terme de prestations techniques, que reste-t-il à une automobile pour déclencher la Passion ? Certains répondront l'agrément de conduite procuré, d'autres répondront le style. Et quand une auto réunit les deux, alors elle atteint le sans faute. Envers et contre toutes, la Mustang s'est battue durant ces 38 dernières années pour non pas garder son esprit traditionnel, n'en déplaise à certains, mais pour répondre à 100% à la demande des clients a chaque instant de sa production. Critiquée pour cette attitude, c'est avec un pied de nez énorme à ses détracteurs de toujours qu'elle reste en 2003 la dernière des vraies Muscle Cars en production... Bravo !
La Mustang a connu bien des versions, plus ou moins convaincantes, mais répondant toujours aux critères de son époque. En 1974, la mustang II fait son apparition, sous les injures des puristes de la première génération... et pourtant le succès commercial est retentissant. En 1979, la Mustang III va connaître le même phénomène, les spécialistes lui prédisant un avenir court et sans intérêt... elle sera produite à des centaines de milliers d'exemplaires jusqu'a l'automne 1993. S'il y a bien une chose que Ford a toujours su faire, contrairement à l'ensemble de ses concurrents, c'est écouter ses clients. Ainsi la Mustang IV naquit en 1994, forte des désirs d'une clientèle voulant retrouver une Pony Car à l'image forte, et surfant avant tout le monde sur l'effet Nostalgie qui est aujourd'hui une dominante du constructeur.
La nouvelle venue est une vraie réussite esthétique ! Oubliée la timidité des lignes des années 80, qui répondait à un contexte de discrétion et de crise économique. Elégante, racée, puisant à fond dans son passé 60's, tout le monde s'accorde enfin à dire que la Mustang 4ème Génération est une vraie réussite esthétique. Sa robe se pare de nombreux détails soignés, comme les feux AR en découpe, ou encore les petites prises d'air du capot, ou les superbes échancrures des flancs. La ligne de toit, les boucliers massifs, les phares et feux effilés, la faible surface vitrée latérale lui donnent le soupçon d'agressivité nécessaire sans trop en faire. Les jantes au design fluide collent parfaitement au profil de l'auto, qui garde des proportions parfaites, et répondant aux vraies valeurs des Muscle Cars de la grande époque : ligne trapue mais élancée, long capot et coffre court, ligne de toit basse. On se croirait (enfin) revenu à la grande époque !
L'intérieur n'est pas en reste et se pare d'une fabuleuse planche de bord, aux courbes rappelant les arches du tableau des Mustang 1969, références s'il en est. La position de conduite, l'ergonomie, l'esthétique de l'intérieur ont été travaillés dans le détail, avec pour effet de vous greffer un large sourire à peine installé aux commandes de l'engin... du pur bonheur. Il ne reste alors plus qu'a tourner la clé de contact, pour se laisser bercer par le grondement sourd de la mécanique. Fermez les yeux... ça y est... vous êtes au Paradis...
Le moteur, justement, puisqu'on en parle, est repris de la précédente génération. Il s'agit du V8 5.0L à arbre à cames central, 16 soupapes et développant 215 modestes chevaux. Fort heureusement, la Stang peut se targuer d'un poids relativement léger, et les performances ne pâtissent pas trop de ce léger manque de "Ponies". La transmission, elle, fait toujours appel à la classique et un peu dépassée boite automatique à 4 rapports, ou à l'excellente boite manuelle 5, qui transforme alors l'engin en un vrai bonheur à piloter. Le châssis garde une architecture très classique, à la demande des clients, et c'est ainsi que le pont AR rigide à repris du service. Mais les trains sont bien mieux guidés que par le passé, et la rigidité fortement accrue de la coque, à su donner à cette Mustang un comportement équilibré, rassurant et efficace, à défaut d'être sportif.
Mais ne vous méprenez pas, l'essieu rigide et le couple du V8 la rende néanmoins réellement joueuse pour qui saît s'en servir !
Seulement voila, la concurrence est féroce. Dans ce milieu des 90's ou la santé économique est en pleine croissance, G.M. et ses F-Body, comprenez les Camaro et Firebird-Trans Am, ne cessent de faire des pieds de nez à la Mustang. Alors Ford réagit en 1996 en proposant une toute nouvelle mécanique, au rendement nettement amélioré, même si la puissance reste inchangée. Le tout nouveau V8 dénommé Modular cube maintenant 4.6L, avec une conception tout aluminium et arbres à cames en tête, qui rend la mécanique ultra rageuse. Le constructeur à l'ovale en profite pour apporter quelques retouches minimes à l'esthétique de l'auto, en restylant jantes et feux AR.
La version haut de gamme SVT Cobra, au dessus de la GT, maintenant disponible comme un vrai niveau de finition, et non plus une série spéciale, se voit même dotée d'une version 32 soupapes à 4 arbres à cames en tête, et développant la bagatelle de 305 chevaux ! Voilà de quoi remettre les pendules à l'heure... les ventes se portent bien, la Mustang est au meilleur de sa forme, mais certains clients commencent à se lasser de l'esthétique déjà devenue classique, alors que début 1998 G.M. a restylé ses sportives. Du coup Ford va peut être commettre sa première erreur, en retouchant la superbe ligne de sa Mustang. Lancé dans un programme de "Edge Design" totalement farfelu, avec les Focus et autres productions de la marque, la voiture va se voir dotée en 1999, pour fêter son 35eme anniversaire, d'une toute nouvelle ligne pour le moins batârde, et qui rompt totalement le charme ét l'élégance du coup de crayon original... dommage.
1970 ne verra qu'un restyling de la face avant et des feux arrières. Les mécaniques étaient toujours aussi furieuses, les performances toujours aussi impressionantes, et pas seulement pour l'époque ! Jugez plutôt : en 1970, une Dodge Charger équipée du furieux 426 Hemi abattait le 0 à 100 km/h en 5.5 sec. et le 400 m/d.a. en un ahurissant 13.9 sec. ... Une Corvette dernière génération ne fait pas mieux en 2004... Respect !
La plus ultime des versions de la Charger de cette époque verra le jour sous la forme d'une voiture de course à peine homologuée. Arborant fièrement le nom du plus mythique circuit de NASCAR, la Charger Daytona fut une vraie folie de la part de Dodge. Pour homologuer des modifications aérodynamiques révolutionnaires en course NASCAR, les versions compétition devaient être identiques aux modèles de route. Du coup Dodge proposa un modèle qui n'avait rien à faire sur la route, mais restera dans les mémoires comme terrifiante...
Non que l'auto ne soit pas réussie, elle a gagné en agressivité. Mais il n'en reste pas moins que la version d'avant restait bien plus équlibrée. L'intérieur, lui, ne change pas, à l'exception de quelques détails. Mais encore une fois, cette prise de position répond à un désir de la clientèle, et on ne peut que féliciter Ford d'avoir pour la énnième fois satisfait à cette demande, au nez et à la barbe des médias et autres critiques en tous genre. Pari gagné une fois de plus, puisque les ventes repartent de plus belle, bien aidées par une nouvelle mouture du V8 qui affiche maintenant 260 chevaux dans la GT, et 320 dans la Cobra
C'est l'euphorie dans les concessions, et les nouvelles séries spéciales se succèdent : Tourné à 100% vers une politique de "nostalgia marketing", le groupe puise encore dans son passé pour faire renaître quelques bombes. La Cobra R fait son apparition en 2000, puis la Bullit en 2002... les ventes des concurrentes sont en chute libre, G.M. n'ayant pas su saisir au vol l'envie de références au passé des clients, et persistant au contraire à "japaniser" ou "européaniser" ses voitures... c'est n'importe quoi, et le verdict est sans appel : 2002 va voir la disparition des Camaro et Firebird, concurrentes de toujours de la Mustang ! Une vraie révolution sur ce segment aux USA !! La Mustang se retrouve ainsi seule dans sa catégorie, et tous les amateurs de Muscle Cars se tournent vers elle. Ford exulte, et les budgets de développement 2003 explosent, les puissances augmentent, la boite 6 rapports manuelle fait son apparition, l'esthétique s'affirme avec de nouveaux capots et jantes...
Une nouvelle Mach 1, référence aux mythiques versions 1969, est même annoncée pour 2003 !!! Aujourd'hui quelle conclusion tirer ? Que G.M. avait tout pour rester le leader de cette catégorie, mais que sa stupide politique commerciale à eu raison des mythiques F-Body. La Mustang reste donc la seule vraie Muscle Car américaine. Elle fut la première, et elle est aujourd'hui la dernière... finalement, cette fabuleuse auto aura eu un destin hors du commun, et il semblerait qu'elle n'a pas fini de faire parler d'elle ! Alors aujourd'hui, pourquoi ne pas goûter au mythe ?? Et si vous n'avez pas la chance de vous en procurer une neuve, rêve de tout passionné, une version GT de 4ème génération, produite à plusieurs centaines de milliers d'exemplaires, peut se trouver pour le prix d'une petite berline bas de gamme neuve. Il faudrait être fou pour se priver de ce futur collector ! Tant mieux pour ceux qui savent, et tant pis pour les autres...
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