Occasion : Chevrolet Caprice 1993-96

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

S'il est bien un modèle qui représente à 100 % la vraie voiture américaine, c'est bien la Chevrolet Caprice... née en 1965 comme la berline populaire de référence, elle a incarné durant 41 ans l'archétype de la familiale immense, à l'espace intérieur démesuré, propulsée par un bon gros V8 placide, et montée sur les si célèbres suspensions "Chewing Gummisantes" qui ont fait naître la caricature de l'américaine typique... le bonheur de la démesure U.S. dans toute sa splendeur...

C'est en 1991 qu'apparaît l'ultime version de Caprice. Née d'une volonté de garder son côté typique totalement décalé, et ses clients traditionnels de la grande époque, la voiture va adopter un style des plus baroques... Tranchant avec les versions précédentes ultra anguleuses, elle fait dans le biodesign et étiré, ce qui lui donne une élégance et une esthétique à couper le souffle... seule faute de goût, une aile AR mordant sur 1/3 de la roue qui alourdit considérablement l'ensemble. Cette petite bévue va vite être corrigée, et dès 1993, la grosse berline de Chevrolet adopte une ligne qui frôle le sans faute.

Mais la légende de la Caprice s'est surtout forgée par ceux qui l'ont choisie comme véhicule de prédilection... je veux bien sur parler des forces de Police et des compagnies de Taxi. Spacieuse, ultra robuste avec son châssis séparé indestructible et sa conception archaïque, peu chère à l'achat et ne nécessitant qu'un entretien minimum, même dans les pires conditions d'utilisation, elle s'est tout naturellement imposée comme la voiture préférée des divers services de l'état. Tout ceux qui ont au moins une fois mis les pieds aux U.S.A. peuvent en témoigner, elle est partout.

Qui n'est pas resté au moins une fois scotché devant les images de poursuites de Police à la télévision, ou une Chevy Caprice noire et blanche, sirène hurlante et rampe de gyrophares éblouissante, finit par arrêter la voiture des malfrats à grand coups de pare chocs... tout un symbole !

Qui n'a jamais vu au moins une fois une rue de New York, encombrée de ces énormes Caprice jaunes, dans un état lamentable, mais transportant nonchalamment leurs passagers ravis dans un confort inégalé, bercés par le doux balancement de l'immense carrosserie sur les ondulations de la chaussée... un autre symbole inoubliable...L'intérieur de la Caprice, lui, est nettement moins convaincant. Si le confort reste indéniable, et l'espace intérieur inégalable, l'esthétique et la finition font plutôt dans le banal et bon marché. Pas de quoi s'enthousiasmer devant ce tableau de bord des plus insipides. Mais heureusement, son charme est ailleurs.

Quelques kilomètres à son volant vous auront vite convaincu... direction hyper assistée, douceur extrême de la boite automatique et du V8 5.7 L de 180 chevaux, moelleux inimitable des sièges capitonnés, le bonheur est finalement bien simple. Les suspensions ultra souples donnent l'impression que l'auto lèche la route, tel un aéroglisseur... bienvenue dans un autre monde !

Bien sur, l'équipement n'est pas en reste... sur les versions grand public de haut de gamme, dénommées Caprice Classic, c'est le royaume du gadget à profusion ! La moindre commande est électrique, des vitres aux réglages 12 directions des sièges AV, les espaces de rangement et autres porte lunettes, porte gobelets se battent pour savoir lequel sera le plus pratique et inutile... l'Amérique, quoi...

Mais rien n'y fait... ni ses 5.40 m et quelques de long par presque 2.00 m de large, ni les constantes améliorations d'équipement et de finition, le milieu des années 90 et le boum économique qui l'accompagne a changé le goût des acheteurs d'outre Atlantique... Trop grosse, trop lourde, trop encombrante même pour les larges routes U.S., les chiffres de ventes ne cessent de baisser. En 1995, un très léger restyling vient donner encore un peu plus de classe, avec entre autres cette nouvelle découpe de la vitre de custode AR façon BMW. Mais il est déjà trop tard... au grand dam de ses nombreux afficionados, Police et taxi "drivers" les premier, Chevrolet annonce début 1995 que l'année suivante sera la dernière, et que la fabuleuse berline traditionnelle disparaîtra, sans laisser la moindre descendance.

Comme pour marquer le coup, un projet de 1994 dénommé Impala SS, en hommage aux versions sportives des 60's, va être produit en série en 1995 et 1996. La voiture se voit profondément modifiée techniquement, adoptant ni plus ni moins que le V8 issu de la Corvette et affichant 270 chevaux !! Les trains roulants sont revus, arrivent de superbes roues aluminium de 17 pouces, chaussées de larges pneus taille basse, et le pont est équipé d'un autobloquant, la voiture recevant de plus en série toutes les options catalogue.Esthétiquement, elle n'est disponible en 1995 que dans une livrée noir brillant, totalement déchromée, et embellie de magnifiques écussons dérivés de ses illustres aînées. En 1996, deux autres couleurs, vert foncé et "lie de vin", s'ajoutent pour fêter dignement la disparition de la plus célèbre des voitures traditionnelles américaines.

Vous l'aurez compris, la Caprice est aujourd'hui déjà une voiture de collection. Les versions 93 / 96 sont les dernières d'une lignée qui a compté parmi les autos les plus appréciées et les plus désirables de leur catégorie. Aujourd'hui boudées sur le marché de l'occasion, approvisionné principalement par les surplus de la Police et des Administrations américaines, elles se négocient pour une bouchée de pain, à l'exception des Impala SS, déjà collectors recherchés. Si vous avez la chance de dénicher une version civile "Classic" des dernières années, n'hésitez pas. Totalement inadaptée aux conditions de circulation européennes, c'est sans doute l'une des autos les plus passionnantes à posséder. Tant mieux pour ceux qui savent, tant pis pour les autres... vous connaissez la devise, maintenant !!!

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