ESSAI CORVETTE 2006 !

Beau début d'année, avec en point d'orgues ce 28 février, une visite du responsable après vente de Corvette France, qui à eu la gentillesse de nous confier pour quelques kilomètres d'essai libre, la toute dernière Corvette C6 version 2006, équipée du LS2 V8 6.0L et de la toute nouvelle boite automatique robotisée à 6 rapports. Séquence émotion... et frisson ! Malheureusement, la météo à fait des siennes et vous devrez vous contenter de photos "bateau", pour cause de neige sur Clermont, avec donc impossiblité de shooter la voiture de notre essai.

Petit tour du propriétaire tout d'abord. Déjà, l'auto est infiniment plus impressionnante de visu. Quelque peu décevante sous certains angles en photo, la belle se fait monstre lorsqu'on se trouve devant. Courbes généreuses, dimensions imposantes, ajustages de carrosserie impeccables et soin du détail dans le design donnent une impression de puissance et inspirent le respect, autant que l'admiration. Pas de doute, cette C6 en impose.

La face avant est très agressive, et même les phares sous plexi sont de bon ton, bien dans l'esprit de la ligne générale. Les flans sont sculptés de manière intense, donnant une personnalité bien trempée à l'auto, et induisant cette impression fantastique de vitesse, même à l'arrêt. On reste bouche bée. L'arrière, lui, laisse un sentiment plus mitigé. Les feux sont disposés très haut, et le porte à faux est tronqué, avec un grand espace vide et lisse entre les 4 optiques, et les échappements. La forme mi concave - mi convexe du bouclier n'est pas très heureuse, et l'ensemble, assez esthétique de loin, s'avère très massif et "plastoc" de près. Pas le plus bel angle de la bête...

Ouvrons la porte, à serrure commandée par transmetteur et gâche électrique s'il vous plaît, pour découvrir un habitacle accueillant et très cossu. Certains plastiques (poignées de portes, manettes de sièges, encadrements divers) sont très "cheap", et dénotent au premier coup d'oeil, tout comme l'aspect ultra fin des cuirs qui ne présage rien de bon sur leur vieillissement. Une fois assis, l'affaire s'arrange, la planche de bord étant de très bonne facture, la finition impeccable, et le combiné d'instruments rétroéclairé absolument magnifique. Le volant est très agréable, la position de conduite parfaite, et merveille par dessus les merveilles, la vision vers l'avant au travers d'un tout petit pare brise, est délimitée par le galbe prononcé des ailes, petit clin d'oeil à tous ceux qui ont déjà conduit une Corvette C3. Dans le même esprit, les vitres latérales très étroites et la ceinture de caisse très haute, vous replongent dans une ambiance très 60's du meilleur effet. On est loin de la fadeur des productions Germaniques concurrentes. La Corvette C6 retrouve une âme !

Trêve de palabres, il est temps de tourner la clé. Mais ou va-t'elle d'ailleurs cette fichue clé ?! Point de neiman, cette C6 adopte la nouvelle mode du "Start button" sur le tableau de bord. La télécommande, équipée d'un système main libre à hautes fréquences, inclut non seulement le déverrouillage des portes à l'approche du véhicule, mais aussi le dévérrouillage de la commande de démmarage. Une simple pression sur le contacteur rectangulaire à droite du volant, et la mécanique frémit. Pas le moindre bruit perceptible de l'intérieur, un simple ronronnement, et l'aiguille du compte tours, vous informent sur l'éveil de la mécanique.

La boite est donc la nouvelle Semi Auto 6 rapports avec commandes au volant. Le levier ressemble à celui connu chez BMW sur les SMG, avec marche AR, Neutre et deux modes pour l'avant, D "Full Auto" et S pour Sport séquentiel. Les premiers tours de roues se font dans une ambiance feutrée, impressionnante de confort et de silence. La direction est douce et précise, la mécanique docile, souple et discrète, et seule la suspension sèche rappelle que l'on est pas dans une berline de luxe mais bien dans un coupé ultra sportif. La filtration est quasi parfaite, à tel point qu'on se demande vraiment si cette voiture est bien une Corvette. A allures légales, la conduite est un régal, facile, précise grâce à une direction parfaitement calibrée, et laissant beaucoup de feeling au conducteur (gros défaut corrigé par rapport à la C5), tout en offrant une vraie impression de voiture différente, grâce entre autre, à la position très basse et au long capot.

Un peu sceptique sur la personnalité de l'auto, la trouvant comme la C5 très asseptisée, vient le temps de la brusquer un peu. Sortie de rond point, large nationale en ligne quasi droite, visibilité dégagée... gaz en grand, kick down : la boite rétrograde avec un temps de réponse plutôt court, le moteur reprend volontairement, le bruit change du tout au tout passant du feutré au rauque marqué, la poussée en avant est forte, puis en 1/2 seconde, le régime atteint 4.000 t/min, et là, c'est "poils sous les bras" et "gros coup de pied au cul" !! Le bruit passe du rauque au hurlement métallique, la tête part en arrière, la route saute au visage, et les aiguilles du compteur et du compte tours s'affolent de concert.

Les 7.000 t/min sont atteints en une poignée de dixièmes, la boite passe le rapport supérieur, et miracle de la nouvelle transmission à l'étagement enfin réussi, le régime retombe à peine au dessus des 4.000 t/min pour vous repropulser de plus belle vers la destruction totale de... votre permis à points !!! En quelques secondes des vitesses inavouables sont atteintes. Les 404 chevaux sont là, et bien là, et les performances n'ont plus rien à voir avec la C5. Cette dernière déjà généreuse, se fait littéralement enterrer par cette 6eme mouture. La C6 dévoile un autre visage insoupçonné, viril et ... velu. Je n'ose imaginer les sensations hallucinantes que doit procurer la Z06 et son 7.0L de 108 chevaux supplémentaires...

Les freins, car il faut bien s'arrêter, sont enfin efficaces, et chose rare, très bien dosés. Le mordant semble absent au départ pour ceux qui sont habitués au productions modernes (BMW, Audi par exemple). L'attaque de la pédale est soft, presque mou, et on se dit au premier abord "ouais, ça freine pas des masses..." Puis en appuyant plus franchement, sans pour autant avoir besoin de faire un effort important, la puissance se décuple et la voiture s'arrête net. Très sympa en conduite ultra sportive, car celà permet de doser très finement les freinages en appui, sources de grosses frayeurs sur les autos viriles de la pédale à l'assistance ultra exagérée.

Pour en terminer avec la partie dynamique, l'inévitable test du rond point serré pris sportivement, montre un équilibre très sain, avec une excellente motricité (merci l'électronique), une bonne répartition des masses, mais une suspension un poil mal amortie qui engendre de légers pompages et une petite prise de roulis, avec affaissement sur la roue AV extérieure. Mais c'est vraiment pour chipoter, car en conduite légale, euh pardon, normale, c'est absolument impossible à déceler.

Que dire pour conclure ? Bluffé, c'est le mot exact... Cette Vette est sans doute la plus performante qui ait jamais été produite, grande période des 60's comprise. Les sensations du 6.0L sont dignes des meilleurs Big Blocks de la grande époque, la tenue de route et le feeling de conduite sont divins, et en plus elle se permet le luxe de rester utilisable et économique en conduite soft (conso mixte sur autoroute Paris - Clermont à 150 de moyenne 10.5L/100).

Un monde sépare cette 2006 de la génération précédente, il faut vraiment poser ses fesses dedans pour apprécier l'évolution radicale. La Corvette à retrouvé une âme, et bien trempée, tout en sachant rester civilisée. La perfection n'est pas loin... "Corvette, the only American Sports Car" n'a jamais été aussi vrai !!

 

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